Conseils de lecture

Les huit montagnes
21,50
par
7 septembre 2017

En 1881, Degas expose pour la première fois au Salon des Indépendants la Petite Danseuse de quatorze ans.
Présentée sous verre, atypique, elle suscite la réprobation voire l'effroi d'une grande partie du public, plus en quête d'esthétisme. Cette sculpture aujourd'hui reconnue et respectée dans le monde entier fascine et questionne Camille Laurens depuis longtemps. Elle choisit de mener ici une enquête personnelle pour comprendre l'oeuvre, la démarche de l'artiste mais aussi pour tenter d'approcher Marie Van Goethem, ce jeune modèle dont on sait peu de chose. S'appuyant sur
les archives, les journaux, les écrits littéraires de l'époque et quelques essais plus contemporains, l'auteur nous fait traverser une époque, un lieu (l'Opéra), une oeuvre et des parcours intimes. Et, si en définitive Camille Laurens soulève au moins autant de questions qu'elle fournit de réponses, elle le fait avec méthode et passion nous permettant de comprendre un peu mieux, de regarder différemment cette petite danseuse.


Mon étincelle
19,00
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7 septembre 2017

A bord d'un avion qui la ramène chez elle, secouée par les turbulences du vol, la jeune Etincelle songe à son histoire. Ses doutes, ses questionnements alors qu'elle hésite entre deux prétendants et le récit de sa conception que sa mère lui livre par bribes et dont elle vient de connaître l'épilogue tragique et merveilleux.
Ali Zamir confirme avec ce second roman sa singularité. On retrouve avec délectation ses personnages aux noms improbables, cette langue qui n'appartient qu'à lui, à la fois directe, crue, populaire et dans le même temps imagée, fleurie, désuète.

A la manière des poupées russes chaque histoire s'ouvre sur une autre pour nous livrer les heurs et les malheurs de ce peuple comorien.

Ali Zamir a inventé un style, libre, incomparable qui donne une couleur inédite à ses romans et à ses personnages !


L'art de perdre
22,00
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4 septembre 2017

"Naïma est une jeune galeriste parisienne. Jeune femme moderne, elle n'a conservé de ses origines algériennes que son regard sombre, ses boucles brunes et quelques souvenirs de réunions familiales dans une H.L.M de Normandie. Alors qu'elle doit organiser une rétrospective sur un artiste algérien, elle s'interroge sur ses racines et son histoire familiale dont elle ignore tout.
Mais la plupart des témoins et des acteurs ont disparu ou préféré oublier. Si Naïma doit composer avec les vides et les pleins, Alice Zeniter choisit de rendre le lecteur omniscient en lui livrant l'épopée de la famille Zekkar sur trois générations entre l'Algérie et la France. Trois générations, trois époques, trois façons d'envisager son rapport au monde et à sa culture qu'elle soit arabe ou française, comme les trois parties du récit qu'Alice Zeniter nous propose. De l'Algérie d'Ali le grand-père kabyle à la France de Naïma qui tente de construire sa propre identité, de conserver sa liberté d'être en dépit des héritages qu'on lui assigne.
Dans cette grande fresque romanesque, Alice Zeniter nous raconte l'Histoire à hauteur d'individu. Pas de jugements, pas de partis pris, mais un regard juste et sensible pour nous parler de transmission, de choix, de liberté et de silence.
Un texte puissant à découvrir."


Le coeur battant de nos mères
20,90
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24 août 2017

Grandir seules

A dix-sept ans, la belle et provocante Nadia découvre qu’elle est enceinte de Luke, son amant, fils du pasteur. Elle choisit d’avorter, portant seule sa décision, inenvisageable dans sa petite communauté noire et religieuse de Californie. Délaissée par Luke, elle se rapproche d’Aubrey, jeune fille singulière qui cherche à se faire intégrer par la communauté.
Brit Bennett nous raconte trois destins qui convergent, divergent et se mêlent pendant dix ans dans l’Amérique d’Obama. Trois destins sur lesquels pèsent la dureté de notre monde, le poids du passé, les secrets familiaux comme autant de stigmates. Elle nous dit la difficulté à se construire en l’absence de référents fiables dans un société où la parole des adultes est souvent double et où il faut avancer et grandir malgré les douleurs, les blessures et le manque d’amour originel. Cette jeune auteur de vingt-sept ans, révélation littéraire aux Etats-Unis en 2016, porte dans ce premier roman un regard juste et grave sur notre époque.


L'Avancée de la nuit
19,00
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24 août 2017

Disparaître dans la ville

Certains romans se laissent difficilement contraindre ou résumer et c’est le cas de celui-là tant il est dense, multiple et foisonnant. Au point de départ, c’est l’histoire d’un amour, d’une passion qui unit Paul et Amélia. Mais il est aussi question de la difficulté à vivre, de fidélité à nos convictions, de la guerre en ex-Yougoslavie et de ses meurtrissures. Il est question encore d’architecture et des lumières dans la ville, de la ville elle-même qui protège ou dévore c’est selon, ville-ogre ou ville-matrice comme métaphore de la dureté du monde. Il est question enfin de filiation, de transmission, d’abandon et de nos solitudes extrêmes.
Jakuta Alikavazovic nous offre un roman noir, mais d’une noirceur étrange et belle, aliénante. Elle scrute nos angoisses dans un monde en pleine mutation, anxiogène. Un roman qui se mérite (un peu) et nous réjouit (beaucoup) !