Am Fred B.

Metaphysical adventures in physical culture

Alison Bechdel

Denoël

26,00
Conseillé par
24 novembre 2022

Autoportrait de l'artiste en coureure de fond

Troisième volet de cette autobiographie graphique. L'auteure attaque la soixantaine comme une côte à vélo, avec des doutes, un corps qui résiste comme il peut, la disparition des proches et les questions qu'ils laissent derrière eux. L'athlète du dessin de presse et de l'introspection poursuit sa recherche personnelle du sens et du tracé, du récit intime et de l'histoire des Hommes. Pourquoi cette remise en cause permanente, au risque de se perdre au milieu des aimés ? Cette quête du dépassement et de la solitude est-elle essentielle à la création et à la culture de soi ? Histoire moderne de l'artiste en femme et en questions.

Anne-Marie

L'économie de la décroissance

Seuil

20,00
Conseillé par
1 novembre 2022

La Bourse ou la vie

La croissance : qui peut être contre? Qui aura l'audace de détrôner cette déesse? Timothée Parrique, spécialiste en économie de l'écologie, s'attaque à l'idole avec une belle force de conviction ! Il n'est pas le premier, mais son essai est remarquable.
Sacralisée, obsessionnelle et aveuglante, la croissance ne tient pas ses promesses : inégalités grandissantes, épuisement des ressources, perte de sens et fragmentation de la société. Une critique de la croissance devient nécessaire, vitale même. L'auteur s'y attelle avec pédagogie et clarté, même lorsque le discours est un peu technique ... Le PIB, qui nous est si cher, en est sérieusement écorné.
Il pointe alors un paradoxe français : la France est LE pays de la décroissance depuis vingt ans. Colloques, recherches, associations : cette pensée occupe de plus en plus l'espace public. Et pourtant, les responsables politiques ne s'en saisissent pas, et même balaient d'un revers de main toute critique de l'idole. Le mot "décroissance" fait peur, évoque la récession, Là encore, Timothée Parrique monte au front : la décroissance - si l'on tient à l'appeler ainsi- est une pensée critique riche et puissante, elle nous fournit des outils pour l'après, car bien sûr il s'agit de construire. L'auteur ne promet pas des lendemains qui chantent, mais il offre une perspective convaincante, celle d'une société post-croissante, plus égalitaire et respectueuse des ressources et des êtres.
Il retrouve ainsi une belle définition de l'économie comme "organisation collective du contentement des besoins". Non pas : faire plus, mais : faire mieux.

Frédéric

Le réensauvagement de la ferme de Knepp

Isabella Tree

Actes Sud

24,50
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24 octobre 2022

Belle sauvagerie

Sous ce titre austère se cache le récit enthousiasmant d’une expérience unique. L’auteure et son mari, héritiers d’un domaine dans le Sussex, ont décidé il y a vingt ans de rompre avec l’agriculture intensive, de ne plus cultiver leurs terres et de « laisser la nature prendre les rênes ». Cela ne se fait pas tout seul, et la main de l’homme doit d’abord réparer un peu ce qu’elle a détruit : quelques semis, la réintroduction mesurée d’espèces anciennes, la création d’étangs … En quelques années, le domaine se transforme radicalement : les tourterelles des bois sont de retour, des papillons en voie d’extinction arrivent par nuées, les sous-bois se couvrent de buissons où nichent les rongeurs… Faune, flore, ciel et sol dévoilent peu à peu des richesses insoupçonnées.

Isabella Tree observe cette métamorphose, d’un regard à la fois poétique, passionné et scientifique. Loin de la radicalité d'un "réensauvagement" intransigeant, les deux « aventuriers » s'inspirent d’expériences similaires en Europe, et réunissent autour d’eux un comité scientifique enthousiaste. Cette générosité et cette humilité permettront sûrement à ce projet de grandir … et d’essaimer !

Frédéric

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4 octobre 2022

Itinéraire d'une fille en feu

Liv Maria est née sur une île bretonne. Son père est un marin norvégien passionné de littérature ; sa mère, taciturne, tient un café-épicerie. Quand, à 17 ans, elle se fait agresser par un insulaire, sa mère l'envoie étudier un an à Berlin, chez sa tante. Le temps d'un été, elle y vit son premier amour. Mais quand meurent ses parents, vient le moment de faire ses propres choix. Comment aimer et rester libre ? Peut-on aimer sans attaches ? Peut-on tout dire à ceux qu'on aime ? Aimer sans secrets ? Récit de formation d'une femme sauvage brûlant dans le silence.

Anne-Marie

Conseillé par
29 août 2022

Les cartes du Touring Club que son père étalait sur la table pour préparer leur voyage sont peut-être à l’origine d’une vocation… Journaliste et écrivain voyageur, Paolo Rumiz nous a déjà entraînés le long de la via Appia, sur les traces d’Hannibal ou dans les pas de son grand-père sur le front de l’Est. Histoire et géographie, temps et espace indissociables. Ici, il part de Slovénie pour parcourir les Alpes à vélo, puis suit les Apennins dans sa chère Topolino – pour laquelle il a une affection touchante. Pour mêler ainsi l’Histoire, l’observation, les rencontres… et les petits tracas de l’âge, il faut une écriture sensible, riche et souple. On ne se lasse pas de le suivre, on est ébloui par l’ampleur de sa culture, baigné par la générosité de son regard. Voyager, c’est d’abord rencontrer l’Autre. Bergers, aubergistes, moines, paysan(ne)s … tous disent leur rapport à leur terre et à leur pays : une relation faite de fierté, de frustration aussi. C’est un des mérites de ce livre : donner la parole à celles et ceux qui la prennent difficilement.

Frédéric