Annesophie B.

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chroniqueuse littéraire à temps complet.

Stephen Chbosky

Calmann-Lévy

23,90
29 juillet 2020

Un sacré bon bouquin !

En voilà un bon, de roman fantastique ! Et pas qu’à moitié. Un beau bébé, de 748, autant dire des heures et des heures de lecture.

Oui, quand on commence ce pavé, on peut se demander : l’auteur va t-il parvenir à garder un bon rythme jusqu’au bout ? L’histoire ne va t-elle pas être trop longue ?
Les réponses sont simples : oui, le rythme est maintenu jusqu’à la fin (je dirais même que Stephen Chbosky parvient à la faire monter crescendo tout au long du roman, malgré un début déjà élevé, ce qui n’est pas donné au premier venu !), et non, l’histoire n’est pas trop longue.
En fait elle est juste comme il faut.

Le fantastique n’est pas forcément ma tasse de thé. Et jusqu’à celui-ci, je n’en ai tellement adoré qu’un seul : 22/11/63, de Stephen King.
J’en ai maintenant un deuxième à recommander, même s’ils sont très différents, y compris à ceux qui comme moi ne sont pas fans du genre.

Les personnages sont terriblement attachants. Leur façon de parler, de penser, leurs espoirs et leurs désillusions, tout est présenté au lecteur de manière à ce qu’il ressente presque autant que les protagonistes. Christopher en tête, bien sûr, mais pas uniquement. Je me suis personnellement beaucoup attachée à Kate, sa mère. Son parcours, ses envies, ses choix et ses peines sont si bien retranscrits que j’avais la sensation de lire l’histoire d’une vieille amie.

Le côté horrifique n’est pas particulièrement présent, et c’est très bien ainsi. Bien entendu il se passe des choses terribles, mais la symbolique est si importante qu’elle allège idéalement les scènes « choc ».

Durant ma lecture j’ai régulièrement pensé à un conte. Terrifiant, certes, mais ne les sont-ils pas tous en définitive ?

Prenez un peu de Peter Pan, du Petit Poucet, de Hansel & Gretel, saupoudrez d’une pincée de Stranger Things... et ajoutez-y énormément de talent, vous obtiendrez L’Ami Imaginaire.

Armé d’une imagination phénoménale, l’auteur nous transporte dans un monde à la fois tout à fait similaire et complètement différent du nôtre. On s’y sent comme chez soi, tout en étant totalement dépaysé.

Bref, vous l’aurez compris, je recommande vivement la lecture de ce roman, et le suivi de cet auteur !

29 juillet 2020

Le thriller estival.

Si vous êtes à la recherche d’un thriller à savourer allongé au soleil et qui soit à la fois prenant et léger, Holiday est celui qu’il vous faut.

Il porte très bien son titre, puisqu’en le lisant vous suivrez les retrouvailles de Kate, Jennifer, Rowan et Izzy pour leurs congés d’été.
Les 4 amies de fac avaient l’habitude de se retrouver pour passer des vacances ensemble, et pour la première fois depuis quelques années elles ont l’occasion de remettre ça en se réunissant dans une belle maison du sud de la France, avec conjoints et enfants.

Et tout les ingrédients ont l’air réunis pour que ces retrouvailles soient aussi agréables qu’avant.
Ou presque...

Parce que le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec des amies pareilles, nul besoin d’avoir des ennemis !
De petits invités surprises vont se joindre à elles et répondent aux doux noms de mensonges, secrets, trahisons et jalousies.
Alors, autant vous dire tout de suite qu’il va y avoir des vagues autour de la jolie piscine. Et que vous allez vous en délecter !

T.M Logan est un auteur qui manie aussi bien le suspens psychologique que l’humour (100% british, le meilleur donc !), et son roman regorge de l’un et de l’autre.
Ce n’est pas un thriller qui va vous scotcher au plafond par ses scènes d’action, ni vous empêcher de dormir grâce à des passages violents. Si c’est ce genre là que vous désirez, alors ce titre n’est pas celui qu’il vous faut.

Par contre, si vous êtes à la recherche d’un thriller psycho-domestique de bonne facture, avec des personnages aussi attachants qu’ horripilants, de sympathiques rebondissements et une fin plutôt inattendue, vous pouvez aller immédiatement le chercher chez votre libraire.

Il ne sera peut-être pas inoubliable, mais une chose est sûre, il fera le job en vous procurant un moment de lecture totalement en accord avec la saison des vacances, que vous profitiez des vôtres pour le découvrir, ou que vous le lisiez pour patienter agréablement jusqu’à ce qu’elles arrivent.

Des mystères, du suspens, de l’humour, et un décor paradisiaque, le cocktail parfait pour l’été.
Alors profitez bien de vos congés, et de cette lecture !

Les jours brûlants
20,50
9 juillet 2020

Un roman à savourer.

Je suis beaucoup plus difficile à satisfaire en littérature blanche qu’en littérature policière.
Pour moi ce genre littéraire n’autorise aucune approximation. Aucune incohérence. Et, surtout, doit être exempt de tout manichéisme.

Parce qu’il représente souvent la vraie vie, il se doit d’être tout en nuances.
Et Les Jours Brûlants est un parfait exemple de réussite dans ce domaine.

Pourquoi une mère et une épouse comblée, une femme heureuse, décide t-elle un jour de tout abandonner et de s’enfuir loin de tous ceux qu’elle aime ?

Si la question se pose nettement moins lorsqu’il s’agit d’un homme, le fait qu’une femme (et plus encore une mère) puisse en arriver à cette extrémité nous interpelle.

Je voulais découvrir si une telle histoire pouvait être racontée sans tomber dans les lieux communs.
Et Laurence Peyrin y parvient avec brio.

Pour beaucoup le premier réflexe sera de se dire que le facteur déclenchant de cette fuite n’est pas assez grave pour excuser une telle décision. Et pourtant...

L’erreur serait de lire l’histoire de Joanne avec nos repères de 2020. Nous vivons dans un monde où la violence est devenue la norme, et non plus l’exception. Non pas que la violence n’existait pas déjà il y a 45 ans, mais elle était beaucoup moins naturelle.
Qui plus est dans une petite ville américaine.

Ce roman est donc une lecture à mettre en perspective.

Joanne ne cherche ni à faire comprendre sa décision, et encore moins à se la faire pardonner.
Elle ne part pas pour être plus heureuse ailleurs, sa démarche est beaucoup plus profonde que ça.

Mais ça vous le découvrez par vous-même, en lisant ce très beau livre.

Je vous rassure, il n’est pas là pour faire pleurer dans les chaumières. J’ai même rarement autant souri pendant une intrigue d’une telle gravité.

Grâce aux personnages, dans un premier temps, qui sont follement attachants, malgré leurs multiples défauts.
Peut-être même à cause d’eux, justement.
Les situations, ensuite. Inattendues, vibrantes, amusantes, émouvantes... humaines tout simplement.

C’est donc un roman à découvrir, pour la plume, pour l’histoire, et pour son héroïne, qui restera très longtemps dans la mémoire des lecteurs.
Un véritable coup de cœur.

La nuit d'avant

Walker, Wendy

Sonatine éditions

21,00
9 juillet 2020

Très bon thriller psychologique.

Vous aimez les thrillers psychologiques ? Si c’est le cas et que vous ne vous êtes pas encore procuré le nouveau roman de Wendy Walker, il est grand temps d’y remédier !

Troisième titre de l’auteure, La Nuit d’Avant met de nouveau en avant les deux axes chers à l’écrivaine et qu’elle manie avec brio : les mécanismes de la mémoire traumatique et la complexité des liens familiaux.

Avec Tout N’est Pas Perdu, son tout premier thriller psychologique, elle démontrait déjà qu’elle maîtrisait très bien cet exercice.
Emma Dans La Nuit, son roman suivant, qui creusait encore plus la psychologie familiale, avait confirmé son talent.
La Nuit d’Avant la place définitivement dans la catégorie des auteurs de thrillers à succès.

Le roman alterne entre le point de vue de Laura et celui de sa sœur aînée Rosie, qui a toujours protégé sa cadette.
Il faut reconnaître que celle-ci semble en avoir besoin : ces aventures amoureuses ont une fâcheuse tendance à très mal finir, et ce depuis l’adolescence, où son premier petit ami a été assassiné, et que cet drame n’a jamais été totalement résolu...
Et voilà qu’aujourd’hui, âpres un rendez-vous avec un homme rencontré sur le net, elle disparaît subitement.
Il faut dire que Laura préfère les loups. Mais n’en serait-elle pas un elle-même ?

L’alternance, de protagonistes et de temps, crée comme bien souvent une lecture assez dynamique.

La psychologie des différents personnages est bien travaillée, et l’intrigue correctement posée.

Le lecteur reste donc en questionnements quasiment jusqu’à la toute fin du roman, et c’est agréable dans ce type de thriller où les réponses sont souvent devinées en cours de lecture.

Le style de l’auteure est toujours aussi efficace et on ressent vraiment l’intérêt qu’elle porte à la mémoire traumatique ainsi qu’à ses conséquences, et la dextérité avec laquelle elle met en place ses connaissances pour enrichir la trame de son histoire.

Même si je garde une petite préférence pour Emma Dans La Nuit, ce tout dernier titre vaut très largement le détour, et me confirme que j’attendrai son prochain roman avec autant d’impatience que celui-ci.

Encore une belle réussite de Wendy Walker que je recommande aux fans du genre.

Le jour des cendres, Série

Série "Rivières pourpres"

Albin Michel

21,90
3 juillet 2020

Un thriller rythmé.

Jean-Christophe Grangé fait partie des auteurs qui n’ont plus à se faire un nom et dont chaque nouveau titre est un petit événement.
Le Jour des Cendres n’échappe évidemment pas à cette règle, et il contient tout ce qu’il faut pour plaire aux fans habituels de l’auteur, mais également pour attirer de nouveaux lecteurs.

Les inconditionnels y retrouveront ce qui fait l’attractivité de cette plume : une intrigue rythmée, un style percutant, des protagonistes tout en contradictions, des dialogues mordants et des twists efficaces.

La quasi absence de scènes particulièrement sanglantes et/ou violentes permettra, elle, à tous les lecteurs, même les plus « softs », d’apprécier l’histoire.

Toutefois, si le sens ne coule pas à chaque page, l’auteur garde son style si particulier qui le rend incontournable dans le monde du thriller.
Il faut dire que le sujet s’y prête : communauté religieuse, meurtres, hiver glacial, secrets monstrueux... tout est réuni pour créer une trame redoutable.

Le déroulé est très visuel, presque cinématographique, ce qui le rend très addictif et éloigne toute envie de poser le roman avant la toute dernière page.

J’ai lu, ici ou là, que l’intrigue est directement tirée d’un des épisodes de la série télévisée Les Rivières Pourpres (elle-même adaptée du roman éponyme de Grangé). Personnellement, n’aimant pas les adaptations, je n’ai pas regardé cette série, ce qui m’a permis de découvrir cette histoire de façon tout à fait détachée de toute attente.

Et je me suis régalée !

À savoir également : aucun besoin d’avoir lu les précédents romans de l’auteur pour suivre et apprécier celui-ci, ce qui est toujours un plus quand on connaît l’ampleur de sa bibliographie.

C’est un livre qui se dévore donc tout seul et qui laisse le lecteur impatient de découvrir le prochain, ou de (re)découvrir les précédents.
Un thriller sombre, dérangeant et addictif.

À tenter sans tarder !