Clara

http://claraetlesmots.blogspot.fr/

Une lectrice sans prétention, amoureuse de la vie qui habite au bout du monde (ou presque). Et un blog pour parler lectures : http://claraetlesmots.blogspot.fr

La Séance

Le Cherche Midi

21,00
10 juin 2010

Avertissement : avant de commencer ce livre, vérifiez que le frigo n’est pas vide et que votre tribu a quelques vêtements pour les deux ou trois à jours à venir. Car une fois ouvert, vous ne pourrez plus lâcher ce livre qui nous plonge dans l’Angleterre Victorienne, avec bonheur et délices…

Constance Langton apprend qu’elle hérite d’un manoir de famille Wraxford Hall. Un manoir maudit où les précédents occupants ont disparus de façon très, très étrange…

Mon résumé s’arrêtera là, oui, je sais c’est très court mais pour vous mettre un peu plus à la bouche, on y parle de spiritualisme, d’esprits qui viennent vous rendre visite et d’hypnose.

J’ai adoré ce livre ! Sa construction où les points de vue s’enchevêtrent sous forme de journal m’a séduite. On apprend des informations complémentaires, on croit s’approcher la vérité et puis non, fausse route ! Les pièces du puzzle deviennent plus nettes et nouveau coup de théâtre, notre théorie s’effondre. Les différents points de vue, les personnalités, le manoir… cet ensemble dégage une atmosphère qui piège le lecteur …

Un livre magistral, envoutant et qui est un gros coup de cœur ! J’en redemande ! Ah oui, l’écriture y est délicieuse….

L'homme aux cercles bleus

Vargas, Fred

J'ai Lu

6,10
9 juin 2010

J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre.
Le personnage de Mathilde m’a semblé peu crédible : grande océanographe de renom qui aime suivre les personnes ou faire la fête quand elle n’étudie pas les poissons. J’ai trouvé que le commissaire Adamsberg lui faisait trop rapidement confiance alors qu’il ne la connaissait que depuis peu. Danglard l'acolyte d'Adamsberg est largement penché sur la boisson. Et là, je me pose une question : pourquoi les flics sont souvent alcooliques dans les livres ?A moitié du livre, j’ai failli abandonner ma lecture… je m’ennuyais.

Eh oui, il faut attendre un moment avant que le premier cadavre fasse son apparition (mauvais jeu de mots !) et que l’enquête commence.
La seconde partie s’est révélée un plus rythmée grâce au raisonnement d’Adamsberg. Le dénouement est original et bien ficelé. Mais ça n’a pas été suffisant pour que j’oublie tous les bémols…

Tu devrais voir quelqu'un
8 juin 2010

Sarah, 34 ans est secrétaire médicale mais son passe temps c’est l’écriture. Elle écrit sur des carnets, lors des diners, elle s’échappe dans les toilettes pour noircir des pages. A part, Fatiha, une amie de longue date, Sarah ne voit personne. Sauf Julien avec qui l’amour est compliqué. Un homme avec un chapeau apparaît comme une tâche dans son champ de vision. Il est toujours là, à côté d’elle. Mais personne ne le voit. Sarah s’habitue à cet homme qu’elle appelle Janvier et découvre que ses écrits le dirigent.

Emmanuelle Urien nous embarque dans une histoire en un rien de temps ! Comme dans ses nouvelles, le style est impeccable et elle mène le lecteur comme elle l’entend. D’ailleurs Sarah fait de même avec son personnage. Depuis qu’elle a découvert que son écriture commandait Janvier, elle se coupe du monde. Mais qui est fou dans cette histoire ? Qui dépend de qui ? L’écrivain ou le personnage ?

Un livre drôlement bien mené à l’humour grinçant qui s'accorde avec une folie étrange.

Emmanuelle Urien nous réserve son coup de maître pour le final.
Et quelle fin ! Une fin inattendue, surprenante et qui m’a scotchée ! J’en suis sortie bousculée, désorientée et n’ayant plus aucune certitude…

Mon conseil ? Lisez-le …si vous n’avez pas peur de la manipulation.

Magnus
8,40
7 juin 2010

J’ai aimé ce livre ! J’ai aimé sa construction de chapitres en fragments intercalés de notules. Fragments comme la mémoire dissolue, trouble ou des morceaux épars de souvenirs. J’ai aimé cette histoire sur la quête de l’identité où Magnus tente de se construire en cherchant les bases qui lui manquent. Un récit, une histoire qui flirte par moment avec le conte. J’ai aimé l’écriture de Sylvie Germain si belle qui m’a transportée…

Une écriture limpide qui coule comme de l’eau. Avec une sensibilité, une grâce qui se veut parfois poétique.

Une lecture envoutante. On a la tête remplie des mots de Sylvie Germain et l’envie de les garder précieusement, de ne pas les oublier.

Un gros coup de cœur !

Un mensonge sur mon père
6 juin 2010

Dans ce livre, John Burnside écrit sur son père. Au lieu de nous raconter des mensonges et de placer son père sur un piédestal, il nous décrit une vérité peu reluisante. Qui serait fier d’avoir un père alcoolique, menteur ? Qui aimerait dire dans ce cas « mon père c’est un type formidable » ?

Un père qui agit en tyran et qui ramène ses soirs de beuverie ses copains à la maison. Une mère dépressive et anémique qui protège comme elle le peut John et sa sœur. Le manque d’argent et d’affection dans les cités minières.
Un père moitié docteur Jekyll et moitié Mr Hyde qui n’a jamais cessé de mentir sur ses origines. Lui, l’enfant abandonné n’a pas voulu donner le bonheur à sa famille. John sera son souffre douleur, l’objet de des humiliations. Comme le dit John, son père pouvait être bien pire et bien plus odieux quand il était sobre.

John en grandissant va toucher à la drogue, à l’alcool et va vouloir un jour commettre l’irréversible : tuer son père. A la mort de sa mère, John décide de quitter une bonne fois pour toute la maison familiale et d’abandonner ce père.

Quel livre ! D’abord il y a cette écriture sobre pour parler de l’alcoolisme. Sans tomber dans le pathos, il nous décrit bien plus qu’une enfance malheureuse et une Ecosse miséreuse. Il s’agit d’un parcours : comment se construire malgré tout et comment s’accrocher à ce que l’on nomme la vie.

Une lecture puissante et fulgurante … Un coup de cœur pour moi.