Clara

http://claraetlesmots.blogspot.fr/

Une lectrice sans prétention, amoureuse de la vie qui habite au bout du monde (ou presque). Et un blog pour parler lectures : http://claraetlesmots.blogspot.fr

Sukkwan Island

Éditions Gallmeister

22,10
2 juin 2010

Un père amène son fils Roy âgé de 13 ans sur une ile sauvage au sud de l’Alaska. Pas pour un mois de vacances mais pour une année complète. Roy se rend compte que son père n’a pas pensé à tout pour leur vie quotidienne. Les journées se passent à construire un abri pour le bois, à pêcher pour manger. Roy commence à regretter d’être venu. La nuit, il entend son père sangloter et se lamenter sur ses échecs amoureux.

On pressent qu’il va se passer quelque chose. Et banco ! A la fin la première partie du livre ( soit à la moitié du livre), un drame se passe. Je n ‘en dis pas plus car peut-être que je ne suis pas la seule bibi à ne pas l’avoir lu. Je m’étais imaginée à tout sauf à ça !

Pour lire la seconde partie du livre, il vaut mieux avoir l’estomac bien accroché. Certaines descriptions liées au drame sont assez répugnantes. La personnalité du père est au cœur de cette partie et on en apprend d'avantage sur lui. Tant j’ai trouvé un peu trop détaillé les aspects pratiques pour vivre sur une île sauvage, tant la seconde partie a défilé à une allure sans répit.

Une lecture qui m’a bien sonnée !

Le ciel des chevaux
1 juin 2010

Lena apprend par hasard qu’un garçon étrange est au parc. Il raconte des histoires aux enfants et les gardiens le laissent s’occuper des poneys. On comprend à demi-mots que Lena ne rentre pas dans la case de la normalité. Elle qui se perd dans la ville ou qui oublie d’aller chercher son petit garçon à l’école. De son passé, on ne sait rien ou très peu. Sa vie a commencé lorsqu’elle a rencontré Adem son mari. Pour Lena, ça ne fait aucun doute, elle l’a reconnu. Ce garçon est son frère, un frère fou, dérangé, placé dans des institutions spécialisées. Les souvenirs de l’enfance refont surface et Lena ne veut pas perdre une fois de plus ce frère.

La folie qui résulte des rêves et de la réalité est le cœur de ce livre.
Je n’en dirais pas plus sauf que la fin m’a scotchée ! Une fin dérangeante où la vérité m’a laissée bouche bée. Ce livre se rapproche plus de « leur histoire » que « pour vous » , on y retrouve l’univers de Dominique Mainard.

Dans ma peau
31 mai 2010

Un livre où des mots sont portés sur la douleur. Vive ou lancinante, celle qui vous broie et vous isole. Celle dont on parle au début de la maladie à sa famille et aux médecins, celle qu’on essaie d’expliquer pour être compris. La douleur synonyme de souffrance, honteuse, taboue et que l’on pointe du doigt. Prisonnier de son corps, atteint d’une maladie auto-immune orpheline qui s’attaque aux muscles, Guillaume de Fonclare est le directeur de l’Historial de la Grande Guerre à Péronne dans la Somme. Gardien de la première guerre mondiale et de ses victimes, il doit renoncer à son travail. La maladie a gagné la bataille, elle s’est emparée de son corps. Lui doit faire le deuil de sa vie professionnelle et accepter l’invalidité à l’âge de 42 ans. Avec sensibilité et la précision d’un historien, il nous parle aussi de l’Histoire, de la Grande Guerre et de ses soldats.

Pas d’auto-misérabilisme dans ce livre. La maladie et son cortège sont là : la canne puis le fauteuil, les gestes qu’on ne peut plus faire. Les impacts sur la vie de famille, le regard d’autrui, la machine administrative…tout y est dit.

Un livre écrit avec des mots qui éclatent à la figure même s'ils sont issus d’une révolte silencieuse ou de la Grande Guerre.

Le jour avant le bonheur
31 mai 2010

Je suis embêtée car je ne vois pas comment faire un résumé de ce livre magistral.
L’histoire se déroule à Naples, dans les années après guerre. Le narrateur, un jeune garçon de 13 ans, orphelin, apprend la vie à l’école mais surtout grâce à don Gaetano. Il aime passer son temps libre à lire, à jouer au foot et la « scopa ». Dans la loge de l’immeuble de don Gaetano décrite comme « une loupe de philatéliste », don Gaetano lui raconte Naples pendant la guerre. Le jeune garçon se nourrit des paroles de don Gaetano. Père de substitution, don Gaetano accompagne à devenir un homme : initiation à l’amour, aux codes d’honneur mais surtout à Naples.

Ce livre est un coup de cœur et j’ai du mal à en parler. Car il y a tant à dire, à trouver les mots justes pour décrire ce livre magnifique.
Il y a l’écriture d’Erri de Luca si belle. Un style concis, épuré qui dégage de la poésie et où les phrases invitent à méditer. Avec ce livre, on accède à l’histoire de Naples pendant et après la guerre avec aspects glorieux et ceux moins reluisants. Les questions de cet enfant qui grandit, sont décrites avec art mais simplement. On ne lit pas ce livre, on le vit.

Un tableau de Naples et de l’apprentissage à devenir un homme où le talent d’écrivain d’Erri de Luca nous fait fondre de bonheur.

Satané Dieu !
5,70
30 mai 2010

Inutile de vous préciser que ce livre est caustique. Bien plus corrosif que "le CV de Dieu", l'humour est omniprésent et le cynisme perle à chaque page. A travers les inventions de Dieu, Jean-Louis Fournier nous met face à ce que nous sommes.

Une lecture jubilatoire !