Virginie S. (Libraire)

Les fantômes du vieux pays
25 septembre 2017

« Les fantômes du vieux pays » de Nathan Hill aux éditions Gallimard
Samuel est professeur d'anglais dans une université américaine. Désabusé par la médiocrité de ses élèves et la morosité de sa vie, il se réfugie dans ""Elfscape"" un jeu vidéo qui l'occupe de plus en plus. Mais le quotidien va vite voler en éclat lorsqu'il découvre dans les médias l'image d'une femme surnommée ""Calamity Parker"".

Cette femme a lancé une poignée de cailloux au visage d'un candidat républicain en campagne et toute l'Amérique se passionne pour elle en attendant un procès retentissant.

Le problème pour Samuel est qu'il reconnaît en elle sa mère qui l'a abandonné quand il avait 11 ans.

Le second problème pour Samuel est qu'il doit rembourser dans les plus brefs délais un avaloir consenti par son éditeur pour un roman qu'il n'a jamais écrit, argent avec lequel il s'est offert une maison dévaluée désormais.
Acculé, le jeune professeur accepte d'écrire un récit à charge sur cette mère et se lance dans une enquête pour tenter de comprendre cette femme.

De l'Amérique de Trump à la Norvège des années 40, Nathan Hill nous livre un roman dense qui explore de multiples histoires, de multiples chemins gardant comme fil rouge cette relation douloureuse entre une mère et son fils.
Tour à tour drôle, mélancolique, sensible, ""les fantômes du vieux pays"" est un roman brillant et le regard de l'auteur est toujours juste, précis sur ces personnages qui se cherchent et se questionnent. Une très belle découverte.

Des châteaux qui brûlent
25 septembre 2017

Arno Bertina membre du collectif INCULTE revient pour cette rentrée avec un roman engagé, récit politique et social.

Dans le Finistère, un abattoir de volailles est mis en liquidation judiciaire sans repreneurs annoncés. Inquiets, en colère, les salariés décident de se mettre en grève. Et lorsqu'un Secrétaire d'Etat débarque de sa propre initiative pour tenter de trouver une ultime solution au conflit, les employés décident de le séquestrer et d'occuper l'usine sans avoir prémédité leur geste. Commence alors un huis-clos raconté sur près de 400 pages et qui s'étend sur 8 jours. 8 jours de tension, de colère, de peur et d'espoir, 8 jours de débats, de paroles qui divisent ou rassemblent, 8 jours pour être enfin acteur de sa vie.

Au dehors, préfet, gendarmes et GIGN organisent le siège. Intérieur contre extérieur. Système contre individus. Arno Bertina suit le conflit de l'intérieur. Aucun jugement, juste son regard posé sur ces hommes et ces femmes qui se battent contre la fatalité et commencent à réfléchir à d'autres façons d'envisager le travail pour reconquérir une dignité.
Et, quand la tension monte, exacerbée par la fatigue et la promiscuité, les idées fusent en tout sens jusqu'à celle, improbable, d'organiser une grande fête. Surtout, ne pas laisser l'insurrection s'enliser, s'acheminer vers une révolte festive.

Arno Bertina s'est emparé de l'actualité sociale pour finalement se demander, nous demander, si la révolte est encore possible.

La petite danseuse de quatorze ans
25 septembre 2017

"En 1881, Degas expose pour la première fois au Salon des Indépendants la Petite Danseuse de quatorze ans.

Présentée sous verre, atypique, elle suscite la réprobation voire l'effroi d'une grande partie du public, plus en quête d'esthétisme. Cette sculpture aujourd'hui reconnue et respectée dans le monde entier fascine et questionne Camille Laurens depuis longtemps. Elle choisit de mener ici une enquête personnelle pour comprendre l'oeuvre, la démarche de l'artiste mais aussi pour tenter d'approcher Marie Van Goethem, ce jeune modèle dont on sait peu de chose. S'appuyant sur les archives, les journaux, les écrits littéraires de l'époque et quelques essais plus contemporains, l'auteur nous fait traverser une époque, un lieu (l'Opéra), une oeuvre et des parcours intimes. Et, si en définitive Camille Laurens soulève au moins autant de questions qu'elle fournit de réponses, elle le fait avec méthode et passion nous permettant de comprendre un peu mieux, de regarder différemment cette petite danseuse."

Les huit montagnes, Prix Médicis du roman étranger 2017

Prix Médicis du roman étranger 2017

Stock

21,50
25 septembre 2017

Bruno et Pietro se sont connus au coeur du Val d'Aoste. Onze ans tous les deux lorsqu'ils se rencontrent, l'un vient de la ville et retrouve l'autre chaque été qui l'initie aux secrets des cimes. Pendant 30 ans leur amitié va s'élaborer, se déployer là, amitié façonnée par les randonnées, les découvertes, les projets et les silences partagés. Mais la montagne n'est pas qu'un paysage pour eux, c'est avant tout un art de vivre, une façon d'être au monde.

Roman d'amitié certes, mais aussi d'initiation, de transmission et de filiation. Ces ""huit montagnes"" nous parlent finalement du sens de la vie.
Un très beau roman hors du temps.

Mon étincelle
19,00
7 septembre 2017

A bord d'un avion qui la ramène chez elle, secouée par les turbulences du vol, la jeune Etincelle songe à son histoire. Ses doutes, ses questionnements alors qu'elle hésite entre deux prétendants et le récit de sa conception que sa mère lui livre par bribes et dont elle vient de connaître l'épilogue tragique et merveilleux.
Ali Zamir confirme avec ce second roman sa singularité. On retrouve avec délectation ses personnages aux noms improbables, cette langue qui n'appartient qu'à lui, à la fois directe, crue, populaire et dans le même temps imagée, fleurie, désuète.

A la manière des poupées russes chaque histoire s'ouvre sur une autre pour nous livrer les heurs et les malheurs de ce peuple comorien.

Ali Zamir a inventé un style, libre, incomparable qui donne une couleur inédite à ses romans et à ses personnages !