Ponant

Dragons

Éditions de L'Olivier

20,30
14 mai 2016

Pascale décide de convier d'anciens voisins, des gens qu'elle ne connaît que peu, à passer avec elle et son époux le week-end de la Toussaint sur l'île de Batz, en Bretagne
Sont ainsi invités Vanessa accompagnée de son mari et leurs deux jeunes fils, et Mélanie qui vient seule (du moins en apparence), sa fille la rejoindra un peu plus tard.
Un week-end entre amis, voilà une situation assez banale à priori mais ce séjour va réveiller chez chacun d'entre eux le démon familier tapi dans le tréfonds de son coeur ou de son âme ( rayer la mention inutile )
Marie Desplechin n'a pas choisi ni le lieu ni la période au hasard. La Toussaint, c'est pour l'ambiance ( mortelle ) et Batz parce que la légende prétend qu'un dragon sommeillerait sous l'île. Il aurait été précipité dans les profondeurs marines au 6 ème siècle par un saint valeureux...
Hautement métaphorique, oscillant entre réel et surnaturel ( Bretagne oblige) cette étrange histoire se lit avec plaisir malgré une écriture un brin trop alambiquée mais ne casse pas trois pattes à un dragon.

Désolation et destruction
13,80
11 mai 2016

Emma, 14 ans mène une vie tranquille qui vire au cauchemar quand le nouveau compagnon de sa mère vient s'installer chez elles avec Hélène sa fille de 16 ans.
Alors qu'Emma est plutôt introvertie, Hélène est du genre dévergondée et très vite entre les deux jeunes filles naît une relation ambiguë qui effraie Emma et la rend malade. Quant à Hélène, son comportement excessif va l'amener droit vers la clinique psychiatrique.
Ce livre très court se lit d'une traite, sans pouvoir reprendre sa respiration car il n'y a pas de chapitres.
D'une écriture limpide et pleine de pudeur l'auteur y évoque la fragilité d'un âge qui, contrairement aux apparences, n'est pas celui de la légèreté mais celui où les angoisses liées à la mort, profondes et bien cachées, peuvent amener désolation et destruction chez les adolescents en provoquant des troubles psychiques graves.

L'invention de la neige

Bourrel, Anne

Manufacture de livres

9 mai 2016

Une femme raconte le court séjour que sa fille passe avec son mari dans une vilaine auberge cévenole après l'enterrement de son grand père. Bien qu'elle n'y était pas, cette femme a l'air de tout savoir sur ce qui s'y est passé, comme si elle avait pu tout observer dans les moindres détails, même les plus intimes.
Antoine, le défunt, prend lui aussi la parole pour relater son parcours qui l'a amené du Bario Chino de Barcelone à un petit village du sud de la France.
Tout cela paraît bien étrange..

Cette forme singulière de narration instille sournoisement un malaise à peine sensible qu'il est difficile de s'expliquer. Il faut être patient et attendre pour comprendre ce qui se tisse...
À travers l'histoire de ces trois générations, Anne Bourrel démontre avec brio que les apparences peuvent être trompeuses et que "la vie c’est le bordel " quand le mensonge s'y invite.

Le nom des étoiles

Éditions Gallmeister

23,00
6 mai 2016

"Le nom des étoiles" est la description d'un séjour à Gates Park à laquelle l'auteur mêle les souvenirs de ses aventures précédentes et de ses exploits lorsqu'il était maître nageur, sauveteur puis ranger.
En 2004, Pete Fromm accepte une mission qui l'amènera au coeur d'un parc naturel du Montana, là où les montagnes donnent au firmament toute sa grandeur...
Il voit dans dans cette proposition l'occasion idéale d'offrir à ses deux jeunes fils des vacances inoubliables en immersion totale dans la nature sauvage mais l'administration du parc refuse que les enfants l'accompagnent. C'est donc seul qu'après un voyage long et éprouvant, il s'installe dans sa cabane isolée avec pour toute compagnie wapitis, cerfs, ours noirs, loups et grizzlys. Malgré le confort tout relatif de son campement, les seize kilomètres quotidiens à crapahuter pour veiller sur les oeufs de poisson, la solitude des soirées et la peur constante de se voir transformé en crotte de plantigrade, lui font paraître son séjour bien moins séduisant qu'il ne se l'était imaginé.
Il se demande si au cours des vingt-cinq années écoulées depuis "Indian Creek", il n'est pas simplement devenu vieux.
Mais Pete Fromm ne se perd pas dans un voyage introspectif, ne se plonge pas dans des réflexions philosophiques inutiles car il a bien mieux à faire. Il préfère se consacrer aux profondeurs des gorges où coule la rivière, à la forêt fourmillant de vie sauvage et n'a pas d'autre prétention que celle de raconter sa vie sur place pour nous faire partager son amour pour la nature. Un amour qui l'a pris comme un virus alors qu'il était tout gamin quand il jouait comme un sauvage à rampe-marée avec ses frères. Un virus qui ne l'a jamais lâché.

Les flamboyants d'Abidjan
6 mai 2016

"Les flamboyants d'Abidjan" invitent le lecteur à voyager dans les souvenirs de l'auteur qui a passé pendant son enfance quelque temps en Côte d'Ivoire.
Il se rappelle de sensations inédites, d'un exotisme pas toujours réjouissant , d'une faune et d'une flore inconnues, de paysages enchanteurs et d'un peuple chaleureux.
Ces souvenirs, malgré leur saveur de paradis perdu, sont racontés ici sans aucun angélisme. L'adulte qu'il est devenu nuance son regard sur cette période bénie où il se sentait heureux comme un "négrillon blanc". Son texte se garde de présenter une image d'Epinal mais tient compte discrètement des réalités historiques et socio-économiques du pays.