La croyance, le désir et l'action
Éditeur
Presses universitaires de France
Date de publication
Collection
Interrogation philosophique (l')
Langue
français
Code dewey
100
Fiches UNIMARC
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La croyance, le désir et l'action

Presses universitaires de France

Interrogation philosophique (l')

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S’obstiner à établir un distinguo dans le champ des conduites humaines entre
celles qui seraient morales – et, à ce titre, objet exclusif de la philosophie
pratique – et les autres, qualifiées de pathologiques et abandonnées _de
facto_ au médecin ou au psychologue, c’est s’obstiner à ne rien vouloir
entendre des conduites humaines, quand tout un chacun _sait_ – il en fait sans
cesse l’expérience – que si nul n’est affranchi des usages, nul, non plus,
n’est exonéré du symptôme, ni exempté du désir.
Que cette obstination soit le produit d’une histoire, sûrement. Mais le plus
urgent est de s’en dégager en observant que _toutes_ les conduites humaines
relèvent du même _modus operandi_ , sous réserve de bien saisir qu’elles
prennent toutes leurs conditions auprès d’énoncés qui tirent leur légitimité,
non d’une justification par l’observation – celle dont bénéficient nos énoncés
cognitifs – mais de leur partage par une communauté ou de leur expression par
une autorité, énoncés de croyance dont le pouvoir d’action est proportionnel à
la rhétorique qui y est associée, comme l’exemplifient les messages
publicitaires ou politiques.
Alors se découvre que ce _modus operandi_ avait déjà été entraperçu par
Aristote dans sa réflexion sur le _syllogisme pratique_ , réflexion que l’on
retrouve étonnamment sous la plume de Wittgenstein dans sa réflexion sur le
rapport entre les jeux de langage et nos manières d’agir et sous celle de
Lacan, dans sa réflexion sur les divers discours induisant nos conduites. Mais
c’est alors à une tout autre conception de l’homme que nous sommes conviés,
celle où le langage _ordinaire_ en est le ressort et non quelque « volonté ».
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