Mémorial
Éditeur
Le Bruit du temps
Date de publication
Langue
français
Langue d'origine
français
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Mémorial

Le Bruit du temps

Offres

  • AideEAN13 : 9782358731461
    • Fichier EPUB, avec Marquage en filigrane
    7.49

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La narratrice de ce très émouvant récit n’a cessé de vouloir échapper à ses
origines, à sa famille : un frère et une soeur (son père et sa tante)
indissolublement réunis pour avoir échappé à un passé trop lourd dont ils
n’ont rien dit et qui ont fini par se murer dans une étrange maladie qui s’est
attaquée à leur mémoire. Elle a essayé de répondre à leur attente en édifiant
la vie qu’ils n’avaient pu avoir. Elle s’est éloignée mais, à la mort de sa
grand-mère, a fini par revenir vers ce qu’elle avait fui. Et elle s’est
résolue à entreprendre un nouveau voyage. Cette fois pour se rapprocher de
l’événement douloureux qui est à l’origine de leur exil, de cette histoire qui
est aussi la sienne. Ce détour, ou ce retour, lui étant soudain apparu comme
une étape indispensable pour être enfin libre de s’en aller ailleurs. Le livre
est le simple récit de ce voyage en train — l’attente interminable sur les
quais de la gare de départ, le voyage lui-même avec ses rencontres, les
conversations de compartiment, le séjour dans une ville étrangère qui est
pourtant aussi la sienne, celle d’où vient sa famille : Kielce, en Pologne, où
eut lieu, un an après la fin de la guerre, en 1946, un terrible pogrom. Mais
les petits événements qui émaillent tout voyage dans un pays inconnu dont on
ignore la langue sont sans cesse enrichis de toutes les pensées qui assaillent
la narratrice, des voix intérieures qui la traversent. Progressant vers ce
lieu d’origine, elle ne cesse, à partir des bribes que lui ont transmises ceux
qui à force d’oublier pour pouvoir vivre ont fini par tout oublier, de
reconstituer ce qu’elle a pu apprendre d’un autre voyage : celui de tous ceux
qui tentaient de fuir ce même pays, à l’annonce d’un malheur encore indéfini.
Des fantômes surgissent, comme celui de cet oncle qui s’est noyé dans la
rivière qui traverse la ville, celui qui aurait voulu être médecin. Dans le
train, la rencontre d’une jeune femme qui vit à Oswiecim et n’a pu quitter la
ville malgré le poids de l’histoire ne fait que la conforter dans l’idée que
le souvenir est le pire poison. Arrivée dans la petite ville, les voix se font
encore plus insistantes, comme si elle avait été irrésistiblement entraînée au
pays des morts, elle y retrouve la rivière noire et ces eaux sombres, ce Styx
au bord duquel un guide mystérieux lui rappelle que les leçons du passé n’ont
servi à rien. Elle découvre au cimetière les quelques tombes juives qui ont
échappé à la destruction. Une dernière conversation avec l’oncle disparu (car
c’était lui qui l’avait guidée) la laisse engourdie de stupeur et de froid,
ayant compris que « l’au-revoir » qu’elle cherchait est en réalité impossible.
Elle ne peut que repartir et, revenue auprès des siens, décider de se plonger
comme eux dans le sommeil de l’oubli. Mémorial était originellement paru en
2005 aux éditions Zulma.
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