Les Vacances
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EAN13
9782818042663
ISBN
978-2-8180-4266-3
Éditeur
P.O.L.
Date de publication
Collection
Fiction
Nombre de pages
368
Dimensions
20 x 20 x 2 cm
Poids
366 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
UTF-8 / MARC-8

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Un été à Roquebrune-Cap-Martin, deux jeunes gens, Louison et Tessa, entrent clandestinement dans la villa E.1027, la villa blanche conçue par l’architecte et designer irlandaise Eileen Gray. Gréco, une femme âgée, décoratrice, veille avec un soin amoureux sur cet endroit. Un jour, elle y surprend les deux jeunes squatteurs, danseurs au style néo-hippie. Gréco est aussi sobre et pudique qu’eux sont sensuels, dénudés et volcaniques. Ils s’opposent, s’apprivoisent. Ce roman est l’histoire de leur rencontre. Les baignades et goûters de fruits sont assez vite perturbés par une série d’incidents provoqués par Louison, le plus inquiétant et imprévisible des trois protagonistes, dont on découvre le goût pour le travestissement et les mises en scènes macabres. Gréco est une femme hantée. Un lointain passé lui revient en rêve chaque nuit, comme une vie antérieure. On découvre qu’elle est née au sein de la communauté de Monte Verità à Ascona, sur les bords du Lac Majeur. Vaste nébuleuse qui, au début du XXe siècle, pendant près de 20 ans, réunit des végétariens, des anarchistes, des théosophes. Lieu fondateur dans l’histoire des arts et des formes, fréquenté par des personnalités comme Hermann Hesse, Kandinsky, Hugo Ball, Hans Arp, Carl Gustav Jung. Et où naquit, avec Isadora Duncan, Rudolf Laban et Mary Wigman, la danse moderne. Au contact de ces jeunes gens, Gréco change, quelque chose en elle se libère. Peu à peu elle se dénude. Grâce enfin à la redécouverte d’archives et à une mystérieuse « femme-dans-la-fenêtre », tous trois assistent un soir, médusés, à la résurrection de ce passé que Gréco voyait très flou en rêve.
C’est une sorte de Harold et Maude à trois. La naissance d’un amour, dans un paysage qui est lui-même une initiation.
Ce roman est aussi un hommage à la villa E. 1027, personnage à part entière du récit. Il célèbre à sa façon ce lieu un peu miraculeux, inclassable et souvent méconnu dans l’histoire de l’architecture. Avec en toile de fond, les relations pour le moins étranges qu’entretinrent Eileen Gray et Le Corbusier. Le roman fait ainsi coïncider des lieux et des époques, des utopies et formes de vie a priori distants, dans une atmosphère de demi-songe. Au fil des pages, quelque chose semble abolir le temps et les distances. Peut-être parce que les êtres ont un lien privilégié avec les éléments et que tout a lieu sur le fond mouvant d’une nature omniprésente. Cela en l’espace de deux semaines seulement, dans un climat à la fois d’extrême douceur et de tension. Tout un monde lointain prolonge la quête et l’esthétique à l’oeuvre dans les précédents romans de Célia Houdart. Il poursuit à sa façon l’exploration du cycle des merveilles du monde. Entre réalisme et fantastique discret, dans un univers où l’infime communique avec l’immensité des paysages. Dans une prose poétique fluide, sensible, élégante, qui n’a peur ni des ellipses ni d’un certain lyrisme. Mais avec ici quelque chose de plus fort et plus offert. Plus charnel. Un livre au charme trouble qui d’abord intrigue puis enchante durablement.
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