Le tabac Tresniek

Le tabac Tresniek

Seethaler, Robert

Sabine Wespieser Éditeur

  • 21 août 2016

    L'accroche-rêves.

    Robert Seethaler vit à Berlin. « Le Tabac Tresniek », son quatrième roman, a remporté un vif succès à sa publication. Dans la Vienne des années 1930, sur fond d’antisémitisme latent, le jeune employé d’un bureau de tabac se lie d’amitié avec un client un peu particulier…

    Franz Huchel est un adolescent de 17 ans qui mène une vie tranquille dans le Salzkammergut, au pied des Alpes autrichiennes. A la fin de l’été 1937, il quitte le foyer maternel pour aller gagner sa vie à Vienne auprès d’Otto Tresniek, un ancien combattant qui, ayant perdu une jambe lors de la Grande Guerre, a obtenu la gérance d’un bureau de tabac à titre d’indemnisation. Connu et respecté pour sa personnalité indépendante, il vend aussi des journaux de tout bord à une clientèle variée dans son « temple du plaisir et de l’esprit ». Lorsque Franz arrive dans la capitale danubienne, c’est l’éblouissement. Otto Tresniek se révèle alors un mentor perspicace pour cet innocent tout juste descendu de sa montagne, dont il forme la curiosité intellectuelle et aiguise l’esprit critique par la lecture quotidienne de la presse. Le jeune employé, qui acquiert vite une conscience politique, est en revanche totalement inexpérimenté dans le domaine amoureux. Lorsqu’il apprend que le célèbre « docteur des fous », le professeur Freud, alors octogénaire à la frêle silhouette, vient se fournir au Tabac Tresniek, Franz voit en lui la personne idéale pour le conseiller sur sa vie sentimentale désastreuse avec une comédienne de Bohème volage et opportuniste. Si le vieux médecin se déclare impuissant à régler ses affaires de cœur, il se prend d’amitié pour ce jeune garçon sensible et intelligent, se promène en sa compagnie en fumant ses derniers cigares et en devisant sur les femmes et l’air du temps. Freud est un personnage à part entière, dont on retient l’ironie teintée d’amertume devant la situation politique qui le dépasse, vieillard rongé par la maladie, qui s’endort sur son propre divan au son des paroles de son protégé, heureux sans doute d’avoir contribué à développer un ultime esprit libre.
    En mars 1938, lorsque l’Autriche est rattachée à l’Allemagne sous le commandement d’Hitler, Vienne devient invivable pour les Juifs et les dissidents politiques. Sigmund Freud se résout à l’exil. Dans le climat de collaboration et de terreur qui s’est installé, et alors que les journaux parlent désormais d’une seule et même voix, celle de la propagande, Franz saura rester fidèle à ses opinions et résister au dogmatisme nazi avec les armes qui lui ont été léguées par ses deux pères spirituels : la vivacité piquante et l’ingéniosité du désespoir.

    Ce roman d’apprentissage est un véritable manuel de survie contre la pensée unique. Franz est un personnage attachant dont on suit avec passion les aventures, un peu à la manière d’un Candide du XXème siècle, qui voit avec stupéfaction le délitement d’une société « déboussolée », et ne se reconnaît pas dans les valeurs qu’elle proclame. Il prendra alors sa propre direction, que lui dictent sa conscience et son indignation. Ayant appris au contact de ses guides que l’inconscient peut être subversif, il fera de ses rêves des actes de résistance assumés et responsables.

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  • 26 février 2016

    Autriche, anschluss

    Que je me suis ennuyée dans ce tabac, malgré les pérégrinations amoureuses du jeune Franz. Il est vrai qu’en général, les roman de formation ne me passionnent plus tellement.

    L’amitié avec Freud m’a paru factice. Seul le personnage d’Otto, vieux juif renfermé, m’a intéressé.

    Je n’ai pas compris l’humour viennois.

    Les tâches de couleur de la narration ont tout de même égaillées ma lecture.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du pantalon d’Otto accroché au mas de l’hôtel de ville, et flottant au vent entre deux étendards à croix gammée.

    http://alexmotamots.wordpress.com/2016/02/18/le-tabac-tresniek-robert-seethaler


  • par (Libraire)
    27 janvier 2015

    Brillant !

    "Le tabac Tresniek" avec son héros à la candeur désarmante est un roman d’apprentissage mais aussi et surtout de résistance. Plein de poésie c’est un roman qui n’en reste pas moins d’une émotion palpable et vraiment percutant. Brillant !


  • par (Libraire)
    17 décembre 2014

    Vous allez adorer!

    En août 1937, le jeune Franz quitte ses montagnes pour devenir apprenti d'un buraliste unijambiste devant un service à sa mère, au Tabac Tresniek à Vienne. Il y rencontre Sigmund Freud et se prend d'intérêt pour le « docteur des fous » ne comprenant pas pourquoi les gens payent cher pour s'allonger sur un sofa. Il va découvrir l'amour et chercher conseil auprès du vieil homme. Mais la montée du nazisme et l'Anschluss vont chambouler l'apprentissage du jeune Franz et lui apprendre la dureté de la vie et de l'homme. Un roman dur et puissant à lire d'une traite.


  • par (Libraire)
    27 novembre 2014

    Dans la Vienne de 1937, on suit l'apprentissage politique et amoureux d'un jeune montagnard auprès d'un buraliste peu disposé à boycotter sa clientèle juive parmi laquelle le Docteur Freud.
    Vous ne lacherez pas ce livre aux personnages attachants, un récit fort plein de mélancolie, mais aussi de sourires, une belle leçon de courage et de vie.
    Christine


  • par (Libraire)
    3 novembre 2014

    Coup de cœur de Céline

    Autriche 1937. Le jeune Franz quitte sa mère et ses paisibles montagnes pour travailler à Vienne avec Otto Tresniek, vieux buraliste unijambiste. Si le jeune montagnard prête à sourire avec sa méconnaissance des femmes et de l’amour, il deviendra rapidement un citoyen averti de la situation politique de son pays grâce à ses lectures quotidiennes de la presse et à la bienveillance du buraliste.
    De ses rencontres avec le professeur Sigmund Freud à son amour pour Anezka, en passant par la correspondance avec sa mère et la retranscription de ses rêves, c’est toute la grandeur d’âme d’un jeune homme aussi naïf que courageux que nous raconte ce beau roman d’apprentissage pendant l’Anschluss de 1938.
    Un roman magistralement orchestré par la plume alerte et faussement légère de Robert Seethaler.


  • par (Libraire)
    25 septembre 2014

    Franz Huchel, un jeune paysan part à la découverte de Vienne à la veille de l'Anschluss. Grâce au tabac de son oncle, plaque tournante de la petite société viennoise encore insouciante, il se lie d'amitié avec Freud.
    Robert Seethaler évoque avec talent et grâce ce monde d'hier au bord du précipice. Freud gagne en sympathie et la relation qu'il entretient avec ce jeune paysan est souvent drôle parfois émouvante. En définitive un bon roman agréable à lire.