Lady Hunt

Lady Hunt

Hélène Frappat

Actes Sud

  • 14 janvier 2014

    Mystère, secret de famille

    Je fais donc partie de celles et ceux qui ont aimé ce roman.
    Son côté romantique et un peu mystérieux, son appel à des forces telluriques qui nous dépassent.
    Le rapport aux maisons, qui m'a longtemps posé question, a trouvé un écho en moi. Même si le Patron n'est qu'un accessoire dans cette histoire.
    Je n'ai pas trouvé ce roman particulièrement gothique. Heureusement, car je ne prise pas ce genre. En revanche, j'aurais aimé en savoir plus sur Elaine et son bébé, même si on devine la suite de l'histoire.

    L'histoire de la Dame de Shalott ne m'a pas spécialement parlé et ne m'a pas paru essentielle.
    Un roman dont j'ai aimé l'ambiance de brume.
    L'image que je retiendrai :
    Une phrase, plutôt : "Nous sommes les filles de la bruyère et du vent".


  • 2 décembre 2013

    Laura Kern fait toujours le même cauchemar où une maison étrange se dessine dans la brume la terrifiant. Coïncidence, elle travaille pour une agence immobilière à Paris qui ne vend que des biens de luxe. Lors d’une visite d’un appartement un phénomène inattendu se produit : un enfant disparaît comme happé par les lieux et réapparaît mystérieusement. Laura vit avec le spectre de la maladie de Huntington héréditaire dont son père était atteint. Qui d’elle ou de sa sœur est atteinte ? Son rêve est-il le premier symptôme de la maladie ?
    Des miroirs qui laissent entrevoir un visage, un appartement qui a pris feu et ce petit garçon qui semblait avoir un pouvoir. Laura est comme cernée par des phénomènes qui la dépassent mais dont elle veut connaître l’origine. Il y a la maison récurrente de ses rêves qui lui semble connue et pourtant sa mère vit toujours en Bretagne lui affirme le contraire.

    Et ce poème de Tennyson un héritage de son père d’origine galloise qui l’obsède. Angoissée, elle décide trouver les clés manquantes et pouvoir mettre fin à la malédiction qui frappe sa famille. A la lisière de la réalité et du surnaturel, Hélène Frappat distille lentement une intrigue des landes de bruyère aux beaux quartiers parisiens.
    Une histoire où les maisons et leurs âmes ont une importance comme les silences, les non-dits dans une famille. Hélas il y a quelques longueurs et la relation de Laura avec son patron n’apporte rien à ce livre et surtout notre héroïne semble froide, dénuée de sentiments mais il y a un charme. Inquiétant et troublant mais très agréable à lire. J’ai apprécié ce roman mais de là à en garder un souvenir impérissable il y a un fossé…


  • 13 septembre 2013

    Surprenant !

    Lady Hunt est un récit surprenant et profondément troublant qui me hantera longtemps. Hélène Frappat a réussi le pari risqué de réinventer le roman gothique en bousculant les codes du genre et en ancrant le sien dans le présent, reliant fantasme et réel, mélangeant événements surnaturels et explications logiques qui sèment le doute dans notre esprit. Je suis totalement bluffée par la virtuosité avec laquelle elle a réussi à assembler tout cela pour en faire un grand roman à l'atmosphère aussi effrayante qu'envoûtante. C'est une lecture qui ne plaira pas à tout le monde, c'est certain, mais qui a su me charmer par sa force et son originalité. Une petite merveille comme on en croise rarement ! A découvrir d'urgence !


  • 27 août 2013

    Délicieusement glaçant.

    Dès les premières pages de ce roman, le lecteur est transporté dans une réalité parallèle où les objets auraient un certain pouvoir sur les hommes, comme si ces choses étaient animées par une force surnaturelle. Comme Laura, le lecteur regarde alors les différentes péripéties à travers le prisme du fantastique. Le personnage est-il atteint d’un mal étrange ou bien les appartements ont-ils réellement une vie à part entière, un caractère aussi ?
    Au fil du roman, le rêve prend donc une place prépondérante, il sort de son carcan et se glisse dans la réalité : le personnage, hanté par ce rêve, arrivera-t-il à ne pas sombrer dans la folie ?

    Encerclée par le poids d’un père devenu fou, Laura ne semble pas pouvoir s’échapper. Pourra-t-elle rester elle-même ou deviendra-t-elle elle aussi un double d’elle-même ? A moins que ce ne soit sa soeur, son quasi double, qui héritera de ce lourd fardeau paternel ?

    Laura tente par tous les moyens de se raccrocher à la réalité, à ce poids des mots du poète Alfred Tennysson qu’elle susurre comme un mantra, à ses souvenirs venus tout droit de l’enfance et qui l’aide à ne pas perdre pied.
    La lande galloise, des ruines, de la brume, une maison hantée, un suicide, la folie, la femme persécutée : les caractéristiques du roman gothique sont bel et bien là. Il ferre son lecteur dès les premières pages, entièrement captivé par cette femme qui tente de reprendre son souffle face à sa terrible destinée. Le lecteur en ressort alors complètement lessivé, happé par un style solide : quelle sera la fin de Laura Kern ? Sera-t-elle Lady Hunt ou une certaine non moins fameuse Lady of Shalott, contrainte de regarder la réalité à travers un miroir ?
    Délicieusement glaçant.