Mur Méditerranée

Mur Méditerranée

Louis-Philippe Dalembert

Sabine Wespieser Éditeur

  • par (Libraire)
    21 octobre 2019

    Ce roman est inspiré d’un fait réel, survenu en juillet 2014 en mer Méditerranée : un chalutier transportant illégalement 750 hommes, femmes et enfants jetés sur les routes de l’exil, a subi une violente tempête et une rixe à bord, entraînant la mort de 181 personnes. Le récit débute alors que trois femmes attendent dans un entrepôt, à Sabratha en Libye pour embarquer afin d’atteindre les côtes italiennes. Il se poursuit par des aller-retour sur les parcours de chacune : Chochana, la nigériane juive que la sécheresse qui sévit dans le nord du pays pousse à chercher du travail ailleurs ; Sembar, l’erythréenne catholique qui ne peut plus composer avec le régime dictatorial de son pays et Dima, la syrienne musulmane qui a perdu sa maison dans les bombardements d’Alep. Toutes cherchent à mettre l’horloge de leur vie à l’endroit, après avoir vécu des traumatismes : à la recherche d’une terre ferme où ancrer leur jeunesse, leur famille, leur vie et leurs rêves. La traversée de la Méditerranée s’avère très périlleuse, en raison à la fois de mauvaises conditions climatiques, mais aussi des dispositions prises pour leur transport : les subsahariens entassés dans une cale réduite et les arabes sur le pont, exposés aux vagues glacées. Dans une langue fluide, rythmée et efficace, l’auteur nous entraîne dans les bruits, les odeurs mêlées et les ressentis des trois femmes jusqu’au débarquement sur une plage de la Baie de Messine sur l’île de Lampedusa. Un récit poignant !


  • par (Libraire)
    27 septembre 2019

    Coup de coeur d'Evelyne

    Un des grands sujets de cette rentrée, car c’est aussi un des grands sujets de notre époque : les migrants. Dalembert fait le choix de nous faire vivre cette odyssée depuis l’intérieur : on va suivre le destin de plusieurs personnages et peu à peu de Chochana restée seule survivante de son groupe d’amis partis ensemble pour tenter de s’en sortir malgré la difficulté du chemin.
    Sans jamais s’étaler dans le sordide, Dalembert ne nous fait grâce de rien car il faut que l’Occident appréhende le chemin de croix de ces migrants. Une écriture très pudique pour un sujet historique et capital !


  • par (Libraire)
    10 septembre 2019

    Romanesque et douloureusement vrai

    Ce roman vif et intense, inspiré du sauvetage d’un bateau de migrants en 2014, confronte le lecteur à l'inimaginable : l'exil, la clandestinité, les souffrances, les séparations... Mais l'énergie et le tempérament de femmes et d'hommes tellement confiants en leur avenir et l'humanité nous embarquent dans cette épopée pleine de tendresse ; et les masques tombent.
    Un roman marquant.


  • par (Libraire)
    31 août 2019

    Une nécessité

    Le migrant universel, celui de l'imaginaire collectif, est une figure noire, creuse, souvent menaçante et invariablement masculine. A ses côtés pourtant cheminent d'autres corps, encore plus meurtris : ceux des femmes, jeunes et combattantes, dont Louis-Philippe Dalembert fait le portrait, le temps d'une traversée tragique depuis l'enfer libyen. Un texte très fort, épique et lumineux, porté par de sacréEs personnages à l'espoir infaillible. Une nécessité qui nous ouvre les yeux.


  • par (Libraire)
    3 août 2019

    Remarquable

    Une narration remarquable, un style exceptionnel et une force romanesque d'une puissance d'empathie inouïe qui donnent tout ce que l'on peut espérer de la littérature : mettre en lumière ce que l'on ne voit pas, éprouver ce que l'on ne peut ressentir, penser ce que l'on n'ose plus imaginer, entendre ce qui ne se dit pas. Le destin, la trajectoire et le parcours de trois femmes migrantes qui tentent de survivre au-delà de la douleur, de l'ignominie, des injures et de l'humiliation et qui du Nigeria, d'Érythrée et de Syrie engagent un périple qui les rassemblera sur le même bateau, en perdition en méditerranée en juillet 2014. C'est fort, touchant, émouvant, puissant. Remarquable.


  • par (Libraire)
    1 août 2019

    Roman de quelle réalité ?

    Trois destins féminins dans l'exil. Celui de Chochana, Nigériane. Celui de Semhar, Érythréenne. Celui de Dima, Syrienne.
    Ces trois femmes ont longuement pensé, échafaudé, organisé leur exode vers un ailleurs pour échapper à leur terre natale, baignée de sang, de dictature, ou de sécheresse.
    Trois femmes dont l’histoire à traverser la mer Méditerranée – ce mur – les lient les unes aux autres, des circonstances.
    Traversée faite de soumission, de violences latentes ou surgissantes, de deuils, de disparitions.
    Traversée confrontées à la mort ; celle des autres, celle de proches aussi, en tentant d’y échapper elles-mêmes.
    Traversée comme ne plus pouvoir rien faire qu’attendre qu'elle se termine d’une façon ou d’une autre.
    Traversée comme se confronter à soi-même, aux autres, en œuvrant vers un avenir de tenter de tenir et survivre.
    De cette lecture, on vit le périple de chacune.
    On saisit l’humanité, la ténacité, la souffrance au-delà de ce qu’on peut imaginer de seulement tenter d’imaginer.
    De s’informer, on sait les clandestins, les naufrages, les morts perçus comme masse d’êtres sans visages et sans noms qui sombre dans la mer.
    On sait ceux qui débarquent sur les côtes européennes, l’accueil qu’on leur réserve fait d’attente, de démarches administratives longues, voire de refoulements.
    Par cet ouvrage, on lit trois destins, on découvre trois femmes dont on voudrait qu’elles s’en sortent, parmi d’autres évoqués dont on sait qu’ils disparaissent, meurent sans en connaître vraiment les circonstances. On ne fait que supposer. On se trouve témoins directs.
    Ce roman enjoint à voir, à savoir, à poser son regard sur les faits, sur les citoyens du monde d’où qu’ils viennent, où qu’ils aillent.
    Une écriture vive, qui sonne juste. Une écriture dense, sans fioritures qui donne à percevoir les êtres et leur traversée de l’intérieur.
    Ce roman inspiré du sauvetage d’un bateau de clandestins par un pétrolier danois en 2014, confronte le lecteur à ce qu’il ne savait pas, à ce qu’il n’osait pas imaginer peut-être.