Gainsbourg, 5 bis rue de Verneuil

Gainsbourg, 5 bis rue de Verneuil

Jean-Pierre Prioul

E/P/A

  • par
    4 décembre 2017

    Tony Frank est photographe. Il était proche de Serge Gainsbourg, l'a beaucoup photographié ainsi que l'intérieur de sa maison, rue de Verneuil.

    Jean-Pierre Prioul a connu Serge Gainsbourg sur les douze dernières années de sa vie; il en a été proche jusqu'à devenir le "gardien du temple, de son temple, le mythique hôtel particulier du 5 bis, rue de Verneuil." Il légende les photos de Tony Frank.

    Serge Gainsbourg (1928-1991) a vécu à cette adresse de 1969 à sa mort.

    Cet ouvrage est préfacé par Charlotte Gainsbourg : "De 1969 à 1991, de Je t'aime moi non plus à You're Under Arrest, ce lieu aura vécu à ses côtés comme un compagnon de vie qui maintenant, sans lui, lui reste fidèle."

    Beau livre, les fans de Gainsbourg pourront (re)découvrir cette maison devenue mythique. J'en avais beaucoup entendu parler de ce lieu, du noir des murs au plafond notamment. C'est vrai et malgré ou grâce à cette couleur sombre, les photos sont superbes. Les pièces ne sont pas claires, à celles de l'étage, les fenêtres sont calfeutrées, les lumières y sont allumées, elles se reflètent sur les multiples objets -bibelots dirions-nous si c'était chez nous- que Serge Gainsbourg a collectionnés et ordonnés selon un goût très personnel. C'est chargé, j'aurais du mal à y vivre, mais il se dégage une ambiance créative indéniable. Même le petit truc qui ferait moche chez nous est ici agencé pour être mis en valeur.

    Et puis, il y a aussi les œuvres diverses, portraits de l'artiste et des femmes qu'il a connues -tout le monde n'a pas la chance d'avoir un portrait grandeur nature de Brigitte Bardot jeune (parce que maintenant, ce ne serait sans doute pas une chance, et je ne parle pas que du physique)-, disques d'or, récompenses, photos de famille et même surprenant, une collection de poupées !

    On visite toutes les pièces : salon, cuisine, salle de bains, bibliothèque, chambres, tout est resté comme en 1991, donc un poil désuet mais de cette désuétude qui ne se démode pas et qui fait dire que c'est vraiment une maison d'artiste.