Petit Pays

Petit Pays

Gaël Faye

Le Livre de Poche

  • 17 janvier 2018

    Un père expatrié français, une mère exilée rwandaise, une petite sœur studieuse, une grande maison au fond d'une impasse d'un quartier résidentiel de Bujumbura...La vie est belle pour le petit Gaby dans ce petit pays qu'est le Burundi. Avec sa petite bande de copains, il écume le quartier à chercher les plus belles mangues à chaparder, à plonger dans la rivière, à fumer en cachette, à partager des moments de fête et d'insouciance. Bien éloignée des problèmes politiques qui agitent le pays, Gaby tente de prolonger l'enfance malgré les orages qui menacent : ses parents qui se séparent, les rumeurs qui arrivent du Rwanda, porteuses de menaces et de haine. Pourtant la réalité va venir le débusquer jusque dans le petit monde qu'il s'est crée. Ses amis s'éloignent, pris par le conflit qui oppose hutus et tutsis. Gaby ne veut pas prendre parti, ne veut pas s'impliquer mais la guerre n'épargne personne. Au Rwanda, le génocide, au Burundi la même haine qui se propage. Gaby doit quitter les livres dans lesquels il se réfugiait pour regarder en face son pays qui se désagrège, sa mère qui devient folle, son univers qui s'écroule.

    Avec sa plume pleine de poésie et d'humanité, Gaël Faye met des mots sur les maux de la guerre qui tue l'innocence, l'enfance, la beauté des jours heureux. Le génocide rwandais qui a contaminé le Burundi voisin est ici décrit par un enfant candide qui tente coûte que coûte de rester éloigner de l'horreur qu'il pressent aux portes de son monde. Malgré lui, il va découvrir la haine, la cruauté, la bêtise des hommes qui s'entretuent sans autre motif qu'une différence ethnique. Français, rawandais, burundais, métis, tutsi...Gaby ne veut pas choisir son camp mais les évènements se précipitent, pour lui comme pour ses voisins, ses amis, sa famille. Sa mère ne se remettra jamais du massacre de sa famille, c'est par elle que l'enfer entre dans la tête d'un Gaby désemparé qui souffre pour sa mère mais voudrait qu'elle s'en aille avec sa douleur, les scènes d'horreur qu'elle ressasse, la mort qu'elle porte en elle.
    Récit émouvant d'une enfance brisée plein de douceur, de nostalgie et d'amour pour ce ''Petit pays'' a jamais disparu, pour cet ''avant'' au goût de mangue et d'insouciance. A lire et à faire lire.


  • par (Libraire)
    29 septembre 2017

    A lire absolument !!

    Sylvie vous conseille ce premier roman du musicien Gaël FAYE. Il connaît un grand succès, il a obtenu le Prix Goncourt des lycéens ainsi que le Prix du premier roman. C'est une merveille, sensible, juste. Un regard d'enfant intact sur des temps si douloureux...


  • 16 septembre 2017

    le début de la fin du bonheur

    Gaël Faye a troqué, avec brio, le micro contre le stylo. La Fnac l’a adoubé en lui décernant son prix du roman 2016. Et ce « Petit pays », je l’ai aimé aussi. Avec son premier roman, ce rappeur franco-rwandais, âgé de 33 ans, prouve qu'il autant le sens du rythme que des mots. « Pour l’instant le pays était un zombie qui marchait langue nue sur des cailloux pointus », écrit-il. Ses phrases sonnent, qui font entendre les rafales des kalachnikovs dans ce Burundi où il est né et qu’il a tant aimé.

    A travers le personnage de Gabriel, âgé de dix ans, Gaël Faye raconte comment la guerre a éclaté au Burundi, ravagé son pays, volé son enfance et tué les siens. Comme lui, Gaby a la peau caramel et l’humour noir, parfois, pour dire l’indicible : le bruit des armes qui se confond avec le chant des oiseaux, la peur du silence où « se fomente des violences à l’arme blanche et des intrusions nocturnes qu’on ne sent pas venir à soi. »

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • par (Libraire)
    12 septembre 2017

    Petit pays, Grand roman

    Prix Goncourt des lycéens, véritable phénomène d'édition et aussi finaliste de l'Autre Prix 2016 (qu'il rata à un point près !).

    Gaël Faye met en avant l'enfance douce de Gabriel vivant au Burundi alors qu'un coup d'état éclate dans le pays voisin, le Rwanda, dont est originaire sa mère. Et peu à peu, le drame de lointain devient proche puis familial ; et ce roman qui avait commencé comme un roman d'apprentissage d'un enfant farceur et joyeux prend un teinte plus sombre et plus forte.
    Tout le talent de Gaël Faye est pourtant de savoir faire co-éxister la joie et le drame tout au long du roman, même au plus fort du texte !
    Un très grand livre !


  • par (Libraire)
    27 août 2017

    Gabriel, ou plutôt Gaby comme il aime être appelé, est le narrateur du premier roman de Gaël Faye. Son père est français, entrepreneur et sa maman rwandaise de l'ethnie Tutsi. Il habite dans un quartier tranquille avec sa petite soeur Ana. Ses parents sont souvent en conflit..et un jour ils se séparent..c'est la fin de l'insouciance, la fin de l'enfance et du bonheur. Un coup d'Etat éclate au Burundi - le président est assassiné - et annonce le début d'un conflit ethnique. Ce sont d'abord les affrontements au Rwanda que vit Gaby. Ils lui arrachent sa mère forcée d'y retourner précipitamment pour porter secours à sa tante et ses cousins. Les Hutus ont une haïne implacable envers les Tutsis et les massacrent.. L'auteur écrit un magnifique roman sur la nostalgie, l'identité mais aussi sur la guerre, l'horreur et l'exil obligé sans pathos avec humour et poésie.