Zoom sur l’éditeur du mois : les Éditions Vanloo

En Janvier, Virginie vous propose de vous faire découvrir une nouvelle maison d’édition les Éditions Vanloo. Mais alors, qui est-elle, quelle est sa particularité ? Comme d’habitude la maison d’édition vous explique tout !

Les éditions Vanloo travaillent avec des auteurs vivants. Et veulent faire des livres de littérature vivante.

On a commencé par mettre de la couleur sur les couvertures, un rond au centre comme une fenêtre, et parfois un rond sur le quatrième de couverture pour bien dire que la traversée est finie, on peut sortir du livre, en poussant des épaules pour faire sa place.

Depuis 2019 on fait ca : des livres en couleurs, des romans ou de la poésie, ou les écrivains s'amusent à s'amuser de l'écriture ; même quand c'est tragique il y a le jeu, ce jeu par lequel grandissent les enfants et vivent les hommes.

Pour découvrir la liste des livres disponibles aux Éditions Vanloo, cliquez ici !

Un titre simple de Arno Calleja

Un titre simple

Chaque matin, un garçon tient son journal. C'est un journal d'écriture, un journal impersonnel. Le garçon est sans titre, sans identité. Son désir : sortir du programme, se perdre dans les images, flotter dans un présent continu. Violente, l'écriture de ce journal retient mal les dates, et à peine les faits.

Pas de dates, donc, mais des milieux (des bars, des forêts, des lacs) où se dissoudre. Pas d'impressions mais des scènes de rues, des scènes de chambres, aussitôt vues, aussitôt transcrites. Pas de poèmes mais des coups de couteau, des explications emportées, des anti-poèmes. Pas de pensées mais des rêves, des détonations, des exorcismes.

La transparence de Adrien Lafille

la transparence

C'est un livre de douceur, parce que les gens parlent très peu et que règne un silence. Le silence de l'écriture comme univers. Les personnages font, ils sont méthodiques, et de ce soin accordé à chaque chose se dégage une grande tendresse. Mais si l'on y regarde de plus près, ces actions ne sont ni douces ni tendres. Parfois elles peuvent être d'une incommensurable bêtise. Et faire souffrir. Parfois on voit comment les gens souffrent et ce qu'ils font quand ils souffrent. Parfois la ville est une immense prison et d'autres fois le lieu de la liberté. Et parfois une action dit tellement de choses qu'on ne peut les nommer et c'est tant mieux. Adrien Lafille écrit les choses telles qu'elles ne pourraient être autrement. Il les écrit au moment où elles sont vraies. Parfois, il y a la mort et l'amour. Il écrit alors une déclaration d'amour. Dans cette déclaration d'amour il y a la mort en transparence. Vous voyez les deux mots dans la même phrase et ils se ressemblent. Alors vous pleurez.

Tutu de Jean-Daniel Botta

Tutu

Tutu est une épopée. Une grande poésie lyrique. Mais le Ulysse de Jean-Daniel Botta est Chet Baker. Celui du slow, de l’enroulement progressif en apesanteur des astres, des cosmonautes, des squelettes, des vieux ou des chiens autour de la trompette du musicien. Enroulés en une immense et douce barbe à papa. L’épopée c’est le voyage, le voyage c’est narrer, mais ici, le projet narratif c’est faire l’inventaire des choses magiques du sur-place, puisqu’on reste au village ; il n’y a pas de voyage que celui des reflets des hommes dans la rivière qui va à la mer. Il y a donc le désir du lointain. Le lointain du point de vue d’un village. À qui il manque la mer. Chaque lieu a son lointain acceptable. Pour le village c’est la mer le seul lointain acceptable. Ou alors traverser le poster des oiseaux pour s’envoler. Mais ce voyage là n’est pas un voyage, seulement une attirance de vertige. Tutu est le désir d’ailleurs. Voilà pourquoi Tutu est une épopée.