"Sauve-nous au cours du voyage, de tous fléaux susceptibles de s'abattre sur le monde". Au fond de la cale d'un chalutier de fortune, Chochana récite cette prière du voyageur, destinée à son Dieu peut-être, à la Méditerranée aussi sur laquelle comme Semhar, Dima et sept cent autres passagers, elle s'est embarquée. Leur périple a débuté des mois auparavant au Nigéria en proie à la sécheresse, en Erythrée sous la dictature, en Syrie sous les bombes...
Alors quand tout s'effondre autour de soi et que se brisent les rêves de si jeunes vies, il faut pouvoir rassembler tout son courage, sa fortune, partir sur les routes de l'exil et garder sa foi, ultime rempart à la cruauté des hommes.
A ces trois jeunes femmes qui incarnent au plus juste le drame des migrants africains, rien ne leur sera épargné.
Louis-Philippe Dalembert impose aussi une quatrième figure au centre de son roman : la Méditerranée, objet de tous les espoirs, elle qui mène les exilés sur l'autre rive, qui souvent aussi marque la fin d'un voyage.